CARTOGRAPHIE SUBJECTIVE
Proposition de workshop du 19/11/09 au 05/12/09 au Center for Experimental Media Arts de l'école d'art, design, technologie Srishti de Bangalore (Inde), basée sur Metamap.fr
MeTaMap.fr propose une carte interactive, qui permet à ses utilisateurs de « géolocaliser » des contributions multimédia (photos, videos, interviews, prises de son, parcours GPS, mesures électro-magnétiques etc) pour proposer leur perception d'un territoire. Le workshop «Cartographie subjective» à Bangalore propose plus spécifiquement aux étudiants de l'école d'art, design, technologie Srishti de faire des recherches et collecter des données sur leur ville selon deux axes: la ville visible (diverses zones urbaines, signes symboliques traditionnels et modernes...) et la ville invisible (environnement électromagnétique lié à l'activité humaine (électricité, GSM, wi-fi, etc.).
Les étudiants localiseront ensuite les contenus collectés sur la Mematap par l'usage de capteurs, traceurs, outils audiovisuels. Les cartes subjectives ainsi réalisées offriront de nouvelles formes de narrations sur la ville de Bangalore.
Les internautes connectés sur Metamap.fr pourront ainsi se déplacer sur les cartes, et parcourir Bangalore à travers le regard et les oreilles des participants de ce workshop.
Dans le contexte du workshop, nous souhaitons constituer une série de cartes subjectives pour questionner la complexité du monde des technologies de communication qui nous entoure et l'influence que cela peut avoir sur nos comportements et sensations.
Les politiques récentes de globalisation ont conduit à des formes d'uniformisation des relations humaines et des conduites dans l'espace urbain (des rapports à la nourriture comme aux idées et manières de vivre) mais également à la création de nouvelles singularités territoriales (villes globales, nouveaux centres économiques, etc.).
Il y a de nombreuses façons de parler des techniques et de leurs effets sur la société humaine. Dans la culture de “désenchantement” sur laquelle se base la société industrielle (tel qu'expliqué par Max Weber notamment), l'attitude rationnelle implique de rejeter les principes qui font office dans les mythes traditionnels, qu'ils soient relatifs à une approche “magique” des phénomènes inexpliqués (des “enchantements” comme chez Cervantes par exemple), à une approche alchimique ou énergétique du corps, à une singularité spirituelle et cosmologique, ou à la puissance du symbolique dans les relations entre les êtres et leur circulation dans le monde terrestre. Cependant nous constatons aujourd'hui que l'irruption massive des technologies de l'information et de la communication et leurs conséquences en terme de multiplication d'ondes électromagnétiques artificielles peuvent entraîner des modifications de l'activité psychique et de l'imaginaire symbolique des personnes qui les utilisent.
Au niveau technologique, les infrastructures des moyens modernes de communication, les ondes électromagnétiques artificielles, les bruits et les pollutions générées par les industries et les activités humaines en général, peuvent donc constituer des sujets d'investigations sur le conditionnement psycho-social urbain.
Les travaux de l'atelier ont donc pour objectif de définir des cartes subjectives de la ville qui permettront d'éclairer ces transformations, de confirmer et soutenir ces points de vue. Nous consituerons ces cartes subjectives pas la combinaison de différentes méthodes : usage et construction d'outils et capteurs pour une exploration de la ville électromagnétique visible et invisible ; approche psychogégraphique dans l'exploration du territoire ; collectes dans la ville et comparaisons de symboles relatifs aux traditions mythiques et ancestrales et symboles relatifs à la modernité technologique ; rencontres d'experts et témoins.